Le Mentorat, nouvel outil organisationnel

"Ce n'est pas qui fait quoi mais que font-ils ensemble" (Bateson)


Les biais rencontrés dans la gestion de la relation humaine :

Les distorsions évaluatives et la construction de jugements fortement altérés impactent régulièrement l'entreprise :

Exemples : 
  • La croyance généralisée de l'individu dans le fait que le cours des évènements et leur issue dépend ou non de son comportement; 
  • La tendance marquée à penser que les personnes en général sont bonnes ou moins bonnes; 
  • Le constat qu'à l'arrivée d'un nouveau collaborateur il y a toujours des opinions très différentes, chacun étant certain de son évaluation;
  • Le constat que l'évaluateur peut rechercher une approbation sociale (hiérarchique ou des subordonnés);
  • Le fait qu'à partir d'un trait de personnalité on va définir toute une liste allant avec ce trait;
  • Le constat que l'on attribue à tous les membres d'un groupe des caractéristiques semblables sans tenir compte des différences inter individuelles;
  • Le fait de s'entourer de personnes adhérant à son point de vue et d'éviter celles susceptibles de nous remettre en cause;
  • Le fait de favoriser les personnes qui nous ressemblent car nous avons l'impression de pouvoir prédire leurs comportements; 
et bien d'autres biais encore comme favoriser notre genre, et aussi les personnes attrayantes car elles nous semblent plus sensibles, aimables, intéressantes...


Au centre de tous ces biais, le manager pense agir au nom des valeurs de l'entreprise qui l'emploie. Souhaitons d'ailleurs que ces valeurs correspondent aux siennes...

Mais qu'en est-il de ses capacités à organiser (gérer) la conflictualité (définition de son métier ayant pour réponse essentielle la définition d'un sens partagé de l'action ) ?

Comment fait-il pour mieux comprendre la plus jeune génération et travailler efficacement avec elle ?
Comment appréhende-t-il les sources fréquentes de conflits dans les équipes multi-générationnelles et multi-culturelles ?
Comment palier au présentéisme, à l’absentéisme, au turn over...


La réponse la plus connue (et la plus appliquée) est comportementaliste 

Une logique utilitariste tendant à réduire un individu à des comportements d'unique productivité délaissant les éléments dynamiques d'une action de fond, base nécessaire à une transformation durable.

Une réponse à priori de moindre coût mais des coûts cachés pour l'entreprise touchent paradoxalement la productivité  : 
  • des tensions jusqu'au stress négatif,
  • des sabotages spécifiques en interne au dénigrement de l'entreprise à l'extérieur,
  • de la perte de motivation à l'usure, aux démissions et à la nécessité de recruter, d'intégrer et de former à nouveau,
  • des jeux de pouvoir aux conflits puis aux dépressions légères puis lourdes,
  • des troubles musculo-squelettiques aux accidents du travail, 
la liste est malheureusement plus longue.

A contrario, nous pensons qu'une organisation apprenante, c'est à dire celle au sens partagé (cohérence) permet à chacun de connaître la signification de son action et de son orientation grâce à une sensibilité aux évènements et aux autres :
  • c'est apprendre à passer du risque à l'initiative,
  • savoir passer du statut à l'identité et donc de l'individu à la personne,
  • c'est pouvoir s'extraire d'une revendication passive en développant une emprise sur son existence dans l'entreprise,
  • c'est résoudre les sentiments de rejet, d'abandon, d'humiliation, de trahison et d'injustice qui s'expriment invariablement à   tous les niveaux hiérarchiques lors des audits sociaux,
  • c'est retrouver son efficacité professionnelle en clarifiant un conflit entre valeurs personnelles,
  • c'est renouer avec ses ambitions oubliées dans l'inévitable formatage professionnel,
  • c'est accepter le principe d'auto renouvellement en se fixant sur le voyage et non plus sur la destination,
  • c'est apprendre et développer la coopération et la construction du consensus,
  • c'est connaître notre axe et savoir devenir flexible autour
et bien d'autres découvertes encore.


Ce n'est pas qui fait quoi mais que font-ils ensemble (Bateson)